En 2020, suite à la crise du Covid, le S&P 500 a dégringolé de 34,9% (The North American Journal of Economics and Finance) pendant l’année. Votre première réaction a peut-être été de paniquer et de vendre pour limiter la casse. Mais céder à la tentation, est-ce la meilleure stratégie pour un meilleur rendement au long terme ?
Le coût des transactions répétées
Plusieurs éléments de théorie indiquent qu’en général, les investisseurs obtenant les meilleurs rendements sont ceux qui vendent et achètent le moins souvent. Il a été démontré (Dalbar QAIB, 2024) que les portefeuilles des investisseurs américains performaient en moyenne 5,5% de moins que le S&P 500. Cette différence s’explique par l’achat/vente intempestif, qui peut justement arriver plus souvent en période de crise quand les marchés font les montagnes russes. Ces réactions émotionnelles et non pas rationnelles, déclenchées par un sentiment de peur, ainsi que les frais de transactions, expliquent cette différence de performance.
Les quelques jours à ne pas manquer
De plus, prenons une perspective historique : les performances des marchés sont en plus grosse partie expliquées par uniquement quelques jours seulement. Vendre précipitamment, c’est prendre le risque de manquer ces jours stratégiques.
Le graphique ci-dessous le montre de manière évidente : manquer le 1% des meilleures semaines est terriblement coûteux. On observe que la valeur en 2024 de 100$ investis en 1970 dans le S&P 500 est de 30 660$. En revanche, si on rate les 1% des meilleurs retours hebdomadaires, la valeur tombe à 3 270$.
Les retours des investisseurs calmes
Revenons à notre exemple de la baisse de 2020. Cette chute brutale a été suivie de rebonds tout aussi fulgurants : entre 2020 et 2024, les quatre meilleures séances boursières se sont concentrées sur seulement trois semaines. Cette concentration des performances souligne un enjeu majeur pour l’investisseur : alors qu’une exposition constante a généré un rendement annualisé de 13 %, les portefeuilles ayant enregistré des sorties de capitaux lors de ce pic de panique n’affichent qu’une performance de 2,8%.
Historiquement, l’écart de rendement observé souligne que la captation de la valeur repose sur une exposition continue, permettant de bénéficier des phases de redressement qui suivent les périodes de forte volatilité.
Sources : Dalbar, QAIB (2024) ; The North American Journal of Economics and Finance ; graphique : Bloomberg, Bank of Singapore.